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Bilan sécurité routière 2025 : 3515 morts sur les routes: +2,4%

Bilan sécurité routière 2025 : 3515 morts sur les routes: +2,4%

Les résultats définitifs de l’accidentalité routière 2025 ont été publiés par l’ONISR. En France métropolitaine et outre-mer, 3 515 personnes sont mortes sur les routes en 2025. C’est +2,4% par rapport à 2024 et +0,5% par rapport à 2019, l’année de référence avant Covid. Rappelons que 2020, 2021 et une partie de 2022 restent des années compliquées à comparer, à cause du Covid et des changements de mobilité. La comparaison qui compte vraiment est avec 2019 et la mortalité routière ne repasse pas sous le niveau d’avant crise sanitaire. Sommes-nous à un total incompressible ?

Les chiffres à retenir du bilan 2025

  • 3515 morts sur les routes en France, métropole et outre-mer, soit +2,4 % par rapport à 2024 ;
  • 3263 morts en France métropolitaine, soit +70 morts sur un an ;
  • 247 000 blessés estimés en métropole, soit +4,9% ;
  • 16 800 blessés graves, soit +5,2% ;
  • 1973 morts hors agglomération, soit environ 60 % de la mortalité routière métropolitaine ;
  • 503 piétons tués, soit 47 de plus qu’en 2024 ;
  • 79 utilisateurs d’EDPM tués, essentiellement des trottinettes électriques, soit 34 de plus qu’en 2024 ;
  • 1 216 personnes tuées n’étaient pas présumées responsables de l’accident, soit 37% des morts ;
Evolution du nombre de morts sur les routes de France métropolitaine.
Evolution de la mortalité routière en métropole.

Le bilan ne progresse plus depuis 2019

Le bilan 2025 n’est pas un effondrement brutal. Mais ce n’est pas une amélioration non plus. En métropole, la mortalité est +0,6% au-dessus de 2019. Pour toute la France, métropole et outre-mer, elle est +0,5% au-dessus de 2019.

Autre chiffre à regarder : la France métropolitaine compte 49 tués par million d’habitants. La moyenne provisoire de l’Union européenne est de 43 tués par million d’habitants.

La baisse à long terme existe toujours si l’on compare avec 2010. Mais le sujet de 2025 est ailleurs : depuis 2019 le bilan plafonne. Et quand les blessés graves repartent à la hausse, il devient difficile de parler d’un simple bruit statistique.

Hors agglomération : le réseau qui porte la hausse

Les routes hors agglomération restent le point dur. En 2025, elles concentrent 1973 morts, soit environ 60% de la mortalité routière en métropole. 49 morts de plus qu’en 2024 sur les routes hors agglomération.

En face, la mortalité en agglomération est quasiment stable, avec 1031 morts, soit un seul décès de plus. Sur autoroute, le bilan augmente aussi, avec 259 morts, soit 20 de plus qu’en 2024, mais le volume reste bien plus faible.

Hors agglomération, la hausse ne vient pas d’abord des deux-roues motorisés. Elle vient notamment des piétons, des cyclistes et des occupants de voiture. Les deux-roues motorisés sont même en baisse sur ce réseau.

Piétons, EDPM, voitures : le trio qui fait monter le bilan

Par catégorie d’usagers, le bilan 2025 est assez clair. Les deux-roues motorisés restent très exposés, mais ils baissent. La hausse vient surtout des piétons, des EDPM et, dans une moindre mesure, des voitures.

UsagersTués en 2025Évolution par rapport à 2024
Occupants de voiture1 543+25
Deux-roues motorisés697-23
Piétons503+47
Cyclistes235+11
EDPM79+34

Les occupants de voiture représentent encore 47 % des tués. Mais c’est désormais moins de la moitié du bilan.

EDPM : petit volume, énorme progression

Les EDPM, principalement les trottinettes électriques, restent un petit volume dans la mortalité totale. Mais leur progression est la plus spectaculaire du bilan.

En 2019, on comptait 10 morts en EDPM. En 2024, 45 morts. En 2025, 79 morts. La hausse est donc de +34 morts en un an, soit +75,6% par rapport à 2024.

Le même signal apparaît dans les blessés graves : environ 1200 blessés graves en EDPM en 2025, soit près de +39% sur un an. Ce n’est plus une anecdote de mobilité urbaine. C’est un vrai sujet de sécurité routière.

Piétons : 503 morts, et une forte exposition des seniors

Les piétons paient lourdement le bilan 2025 : 503 morts, soit 47 de plus qu’en 2024. Plus d’un piéton tué sur deux a 65 ans ou plus.

On pense souvent au piéton en ville. Pourtant, le signal le plus inquiétant en 2025 est aussi hors agglomération : la mortalité des piétons y augmente fortement. Sur ce type de réseau, l’accident laisse peu de marge. Vitesse élevée, visibilité, absence d’aménagements, accotements : bref le piéton y est très vulnérable.

Deux-roues motorisés : baisse des morts, mais exposition toujours massive

Les deux-roues motorisés enregistrent une baisse en 2025 : 697 morts, soit 23 de moins qu’en 2024. Dans le détail, on compte 579 motards et 118 cyclomotoristes tués.

La baisse est une bonne nouvelle, mais il ne faut pas la surinterpréter. Les deux-roues motorisés représentent encore 21% des tués, 31% des blessés graves et 34% des blessés avec séquelles, alors qu’ils pèsent très peu dans le trafic motorisé total.

Autre constante : 93% des tués en deux-roues motorisé sont des hommes. Et 37% des tués en deux-roues motorisé ont entre 18 et 34 ans.

Les usagers vulnérables pèsent autant que la voiture

C’est l’un des basculements de fond du bilan 2025. Les occupants de voiture représentent 47% des morts. Les usagers vulnérables, c’est-à-dire piétons, cyclistes, utilisateurs d’EDPM et deux-roues motorisés, pèsent eux aussi presque la moitié de la mortalité.

Autrement dit, la voiture reste centrale, mais elle n’épuise plus le sujet. Les modes doux et les deux-roues concentrent une part de plus en plus visible des morts, des blessés graves et des séquelles à long terme.

Le chiffre des séquelles mérite d’être mis en avant : l’ONISR estime à 22 300 le nombre de blessés qui garderont probablement des séquelles un an après l’accident. La moitié a moins de 35 ans.

Les 14-17 ans

La classe d’âge des 18-24 ans reste la plus exposée, avec 528 morts en 2025 et un risque de 96 tués par million d’habitants. C’est presque le double de la moyenne métropolitaine.

Mais l’alerte la plus nette de 2025 concerne les adolescents. Les 14-17 ans comptent 133 morts, soit 39 de plus qu’en 2024. Et parmi les 14-17 ans tués sur la route, 9 sur 10 sont des hommes.

Les enfants de 0 à 13 ans sont aussi en hausse, avec 58 morts, soit 12 de plus qu’en 2024. Le bilan des jeunes ne se résume donc pas au permis probatoire. Le risque commence avant.

Les hommes toujours majoritairement impliqués

Le chiffre est connu, mais il reste brutal : en 2025, 2 523 hommes sont morts sur les routes de France métropolitaine, contre 740 femmes. Les hommes représentent 77% des tués, 75% des blessés graves et 83% des conducteurs présumés responsables dans les accidents mortels. Une constante.

42 % des morts dans un accident sans tiers

Autre chiffre remarquable : 1381 personnes sont mortes dans un accident sans tiers en 2025. Cela représente 42% de la mortalité routière en métropole.

Un accident sans tiers, c’est typiquement une perte de contrôle, une sortie de route, un choc contre un obstacle. Personne n’a coupé la route. Personne n’est venu en face. Et pourtant, le bilan est énorme.

37% des morts n’étaient pas présumés responsables

Le bilan 2025 rappelle aussi une évidence que l’on oublie trop vite : sur la route, on peut mourir de l’erreur d’un autre.

En métropole, 1216 personnes tuées n’étaient pas présumées responsables de l’accident. Cela représente 37% des morts. Parmi elles, 53% étaient des usagers vulnérables et 34% étaient passagers d’un véhicule.

Dans le détail, les personnes tuées non présumées responsables sont notamment des piétons, des passagers de voiture, des cyclistes, des usagers d’EDPM ou des conducteurs de deux-roues percutés par un tiers.

Causes d’accidents mortels : vitesse et alcool toujours devant

Chez les conducteurs présumés responsables d’un accident mortel, les deux premiers facteurs restent les mêmes : vitesse et alcool.

  1. Vitesse excessive ou inadaptée : présente chez 29% des conducteurs présumés responsables ;
  2. Alcoolémie : 21% ;
  3. Inattention : 13% ;
  4. Stupéfiants : 11% ;
  5. Malaise : 11% ;
  6. Manœuvre dangereuse : 10% ;
  7. Refus de priorité : 10% ;
  8. Contresens : 4%;

Les pourcentages ne s’additionnent pas à 100 %, car plusieurs facteurs peuvent être relevés dans un même accident mortel. Mais la hiérarchie reste nette : la vitesse et l’alcool dominent encore le bilan.

Outre-mer : ceinture et casque encore au premier plan

En outre-mer, 252 personnes sont mortes sur les routes en 2025, soit 13 de plus qu’en 2024. Les DROM comptent 179 morts, en hausse de 19, tandis que les COM et la Nouvelle-Calédonie comptent 73 morts, en baisse de 6.

Deux chiffres ressortent nettement. D’abord, les deux-roues motorisés : 91 morts, soit plus d’un tiers de la mortalité routière ultramarine. Ensuite, les équipements de sécurité de base. Plus d’un quart des usagers de deux-roues motorisés tués ne portaient pas de casque. Et parmi les personnes tuées en voiture, utilitaire ou poids lourd, plus de la moitié ne portaient pas la ceinture.

Dans ces territoires, la ceinture et le casque ne sont donc pas des sujets secondaires. Ce sont encore des leviers directs de mortalité.

Le bilan 2025 n’est pas seulement une hausse de 2,4 %. C’est le signe d’une sécurité routière qui n’arrive plus à descendre sous son niveau d’avant Covid, avec de nouveaux points de tension : EDPM, piétons, adolescents, blessés graves et accidents hors agglomération.

Comparaison en Europe

Sur 20 ans, tous les grands pays européens comparables ont réduit leur mortalité routière. Mais depuis l’avant-Covid, les trajectoires se sont cassées en deux. La Belgique continue de baisser fortement. Le Royaume-Uni reste à bas niveau. L’Allemagne, l’Italie et la Suède progressent encore, mais lentement. La France et l’Espagne stagnent. Les Pays-Bas, eux, repartent franchement à la hausse.

Comparaison de l'évolution de la mortalité routière sur 10 ans de quelques pays d'Europe.
Comparaison de l’évolution de la mortalité routière sur 10 ans de quelques pays d’Europe.

Tableau comparatif des mortalités

Pays2005201020192025% 2005→2019% 2010→2025% 2019→2025
France84624849-42,9%-21,0%+2,1%
Allemagne66453734-43,9%-24,4%-8,1%
Royaume-Uni55302723,2-50,9%-22,7%-14,1%
Espagne100523736-63,0%-30,8%-2,7%
Italie100695349-47,0%-29,0%-7,5%
Pays-Bas46323442,1-26,1%+31,6%+23,8%
Belgique104785639-46,2%-50,0%-30,4%
Suède49282119,2-57,1%-31,4%-8,6%

(exprimé en morts / millions d’habitants)

Le point clé est là : la baisse historique entre 2005 et 2019 ne garantit plus rien pour 2025. Dans plusieurs pays, la dynamique s’est essoufflée. La France est le meilleur exemple de ce plateau. Le pays reste bien en-dessous de ses niveaux du milieu des années 2000, mais il fait à peine mieux qu’en 2019. Les Pays-Bas sont un cas frappant : la mortalité y remonte nettement, avec une poussée des décès à vélo inquiétante.

Pourquoi les écarts persistent

La réponse ne tient pas à une seule variable. Les kilomètres parcourus comptent. Le risque par kilomètre compte aussi. Mais la structure des victimes est décisive : part des usagers vulnérables, poids du rural, exposition des deux-roues motorisés et des cyclistes, âge des victimes, vitesse et qualité des infrastructures.

En France, le résiduel rural reste très élevé. En Espagne, la part des deux-roues motorisés reste notable. Aux Pays-Bas, la pression monte sur la sécurité cyclable. En Suède, c’est la logique Vision Zero qui continue de tirer le système vers le bas.

Source : ONISR, L’accidentalité routière en France — principaux résultats 2025.

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