Depuis le 20 août 2026, un contrôle de stupéfiants dans la rue peut avoir des conséquences sur le permis de conduire, même lorsque la personne n’a pas été contrôlée au volant. Le juge peut prononcer une suspension du permis pouvant atteindre 3 ans.
Usage de stupéfiants hors conduite : les sanctions possibles
| Conséquence | Autorité | Condition | Maximum | Automatique ? |
|---|---|---|---|---|
| Suspension judiciaire | Tribunal correctionnel | Condamnation pour usage illicite | 3 ans | Non |
| Suspension administrative | Préfet | Usage commis en réitération | 6 mois | Non |
| Amende forfaitaire délictuelle | Procédure forfaitaire | Usage illicite constaté | 500 € au tarif normal | Selon la procédure suivie |
| Retrait de points | Ministère de l’Intérieur | Non prévu pour l’usage simple | 0 point | Non applicable |
Peut-on perdre son permis pour avoir consommé des stupéfiants sans conduire ?
Oui. Depuis le 20 août 2026, une condamnation pour usage illicite de stupéfiants peut entraîner jusqu’à 3 ans de suspension judiciaire du permis (peine maximale possible théorique), même en l’absence de conduite. Le préfet peut également prononcer une suspension provisoire de 6 mois au maximum lorsque l’usage a été commis en réitération. Pas de retrait de point tant qu’on est pas au volant.
Depuis quand cette nouvelle règle s’applique-t-elle ?
La réforme résulte de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel le 19 août 2026. Elle est entrée en vigueur le 20 août 2026.
La loi a créé deux conséquences distinctes sur le permis :
- une peine complémentaire pouvant être prononcée par un juge, pouvant atteindre 3 ans ;
- une mesure provisoire prononcée par le préfet, pouvant atteindre 6 mois en cas de réitération.
Attention : la nouvelle peine judiciaire n’est pas rétroactive.
Quelle infraction est concernée ?
La réforme vise le délit d’usage illicite de substances ou de plantes classées comme stupéfiants (Code de la santé publique, article L3421-1). Par un exemple un joint de cannabis suffit.
Cette infraction existe indépendamment de toute conduite d’un véhicule. Il n’est donc pas nécessaire :
- d’avoir été contrôlé au volant;
- d’avoir conduit après la consommation;
- d’avoir provoqué un accident;
- d’avoir commis simultanément une infraction au Code de la route;
Le préfet peut suspendre le permis immédiatement
L’article L224-7 du Code de la route permet désormais au préfet de prononcer un retrait de permis de 6 mois maximum lorsqu’il reçoit un procès-verbal pour un usage illicite de stupéfiants commis en réitération.
Il s’agit d’une mesure administrative provisoire, distincte de la peine éventuellement prononcée ultérieurement par un tribunal.
Le préfet conserve un pouvoir d’appréciation
La loi emploie le verbe « peut ». Le préfet n’est donc pas obligé de suspendre le permis à chaque dossier.
Selon les circonstances, il peut notamment :
- ne prendre aucune mesure concernant le permis;
- prononcer un avertissement;
- prononcer une suspension du permis;
- interdire provisoirement la délivrance du permis à une personne qui ne le possède pas encore;
Que signifie un usage de stupéfiants « commis en réitération » ?
La notion de réitération ne doit pas être confondue avec celle de récidive légale.
La récidive légale et la réitération supposent toutes les deux qu’une personne ait déjà été condamnée définitivement.
La récidive légale correspond à une nouvelle infraction remplissant des conditions précises prévues par la loi, généralement la même infraction ou une infraction assimilée, commise dans un certain délai (très souvent 5 ans pour les délits routier). Elle peut entraîner une augmentation de la peine maximale, et certaines peines comme l’annulation de permis sont parfois automatiques.
La réitération correspond à une nouvelle infraction commise après une première condamnation définitive, mais sans que les conditions de la récidive légale soient réunies. Par exemple, en dehors du délai de la récidive.
La loi ne fixe pas un seuil automatique de deux amendes
L’article L224-7 du Code de la route ne précise pas :
- le nombre exact de verbalisations nécessaire;
- le délai dans lequel les faits doivent être commis;
- si deux amendes forfaitaires délictuelles suffisent;
- si une condamnation judiciaire antérieure est nécessaire;
- comment cette réitération doit être établie devant le préfet;
Prudence : il serait juridiquement excessif d’affirmer qu’une deuxième amende pour usage de cannabis entraîne automatiquement 6 mois de suspension. La loi exige une réitération, mais elle ne prévoit ni un seuil automatique de deux AFD ni une durée obligatoire de 6 mois.
Quel est le montant de l’amende pour usage de stupéfiants ?
Depuis le 20 août 2026, les montants de l’amende forfaitaire délictuelle pour usage illicite de stupéfiants sont les suivants :
| Situation | Montant |
|---|---|
| Amende forfaitaire minorée | 400 € |
| Amende forfaitaire normale | 500 € |
| Amende forfaitaire majorée | 1 000 € |
| Amende judiciaire maximale | 3 750 € |
| Emprisonnement maximal prévu par le texte | 1 an |
À ne pas confondre : 500 € est le montant normal de l’amende forfaitaire délictuelle. Ce n’est pas l’amende judiciaire maximale, qui reste fixée à 3 750 €.
Le paiement de l’amende forfaitaire entraîne-t-il une suspension judiciaire ?
Le paiement de l’amende forfaitaire délictuelle éteint l’action publique. Lorsque l’AFD est payée : plus de risque de suspension par un juge.
En cas de poursuites devant le tribunal
La situation est différente lorsque le procureur décide d’engager des poursuites ou lorsque la contestation de l’AFD conduit à la saisine du tribunal.
En cas de condamnation, le juge peut alors prononcer la suspension complémentaire du permis.
Le paiement de l’AFD n’exclut pas nécessairement toute mesure administrative : le pouvoir du préfet prévu par l’article L224-7 constitue un mécanisme distinct, applicable en cas de réitération.
L’usage de stupéfiants hors conduite fait-il perdre des points ?
Non. Aucun retrait de points n’est prévu pour le simple usage illicite de stupéfiants constaté hors conduite.
Le capital de points ne peut être diminué que lorsqu’un texte prévoit expressément un retrait pour l’infraction concernée.
Quelle différence avec la conduite après usage de stupéfiants ?
L’usage illicite hors conduite et la conduite après usage de stupéfiants constituent deux infractions différentes. Le fait que l’usage simple puisse désormais avoir une conséquence sur le permis ne le transforme pas en infraction routière.
| Sanction | Usage simple hors conduite | Conduite après usage |
|---|---|---|
| Conduite nécessaire | Non | Oui |
| Emprisonnement maximal | 1 an | 3 ans |
| Amende judiciaire maximale | 3 750 € | 9 000 € |
| Amende forfaitaire délictuelle (AFD) (quand on ne va pas au tribunal) |
400 € minorée 500 € forfaitaire 1 000 € majorée | Aucune AFD prévue |
| Suspension judiciaire maximale | 3 ans | 5 ans |
| Retrait de points | Aucun retrait de points | 6 points sur un permis à 12 points |
| Annulation possible au titre de l’infraction seule | Non | Oui |
La police peut-elle retenir immédiatement le permis ?
Non, pour un usage de stupéfiants constaté hors conduite, pris isolément, la nouvelle loi ne crée pas de pouvoir général de rétention immédiate du permis par les forces de l’ordre.
La rétention immédiate prévue par l’article L224-1 du Code de la route vise notamment les situations dans lesquelles une personne est contrôlée après avoir conduit ou est soupçonnée d’avoir conduit après usage de stupéfiants.
Que se passe-t-il si la personne ne possède pas encore le permis ?
L’absence de permis n’empêche pas l’application de la réforme. Le préfet peut prononcer une interdiction provisoire de délivrance du permis.
Sur le plan judiciaire, lorsqu’une personne encourt une suspension sans avoir le permis de conduire, cette peine peut être remplacée par une interdiction d’obtenir sa délivrance pendant la même durée.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis le 20 août 2026, l’usage illicite de stupéfiants peut entraîner une suspension du permis même sans conduite.
- Le juge peut prononcer une suspension judiciaire de 3 ans au maximum.
- Le préfet peut prononcer une suspension provisoire de 6 mois au maximum en cas de réitération.
- Aucune suspension n’est automatique.
- La loi ne prévoit aucun retrait de points pour l’usage simple hors conduite.
- L’amende forfaitaire s’élève à 500 €, avec un montant minoré de 400 € et un montant majoré de 1 000 €.
Source de l’image à la une: image générée par un outil IA.








