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Voiture autonome niveau 3 à 130 km/h : ce qui va changer en France

Voiture autonome de niveau 3 circulant à 130 km/h sur autoroute
Voiture autonome niveau 3 à 130 km/h : ce qui va changer en France

La voiture autonome de niveau 3 peut désormais être homologuée jusqu’à 130 km/h grâce au règlement ONU n°157, contre 60 km/h à l’origine. Mais pas question de lâcher le volant partout : véhicule, route, météo, reprise en main, responsabilité et assurance restent encadrés.

Voiture autonome niveau 3 : de quoi parle-t-on exactement ?

En niveau 2, le véhicule assiste mais le conducteur surveille toujours la route. En niveau 3, le système conduit et surveille dans un domaine précis ; le conducteur doit toutefois pouvoir reprendre la main.

NiveauCe que fait le véhiculeResponsabilité du conducteur
Niveau 2Aide à la conduite: maintien dans la voie, régulateur adaptatif, assistance autoroutière.Le conducteur surveille la route en permanence.
Niveau 3Le système conduit seul dans un domaine précis et peut surveiller l’environnement.Le conducteur doit pouvoir reprendre la main sur demande.
Niveau 4Le système conduit seul dans une zone ou un service défini, sans reprise humaine nécessaire dans ce périmètre.Le conducteur peut être absent dans certains services, comme les navettes ou robotaxis géocadrés.

Le niveau 5 ?

Et le niveau 5 ? Niveau 5 c’est la voiture sans volant. Et bien ce n’est pas pour demain. Car aussi profond que soit les évolutions en matière d’IA, il y a toujours des cas imprévus. Un exemple raconté par des spécialistes du deep learning : un ouvrier qui sur le bord de la route portait un panneau stop. Le résultat la voiture autonome faisait un arrêt tous les mètres. Vous voyez souvent des gens porter un panneau stop au bord d’une route ? Je ne pense pas. Et les exemples de ce genre peuvent se compter par millions. Des choses qu’on ne voit qu’une fois dans une vie.

Pourquoi le passage de 60 à 130 km/h est important

Le règlement ONU n°157, ou ALKS, est passé d’un usage dans les bouchons à un cadre autoroutier pouvant atteindre 130 km/h, avec des exigences techniques renforcées.

Point cléCadre initial autour de 60 km/hCadre étendu jusqu’à 130 km/h
Usage principalEmbouteillages et circulation lente.Autoroute ou voie rapide à chaussées séparées.
ComplexitéEnvironnement plus prévisible.Vitesses élevées, distances de sécurité plus grandes, changements de voie.
Fonctions attenduesMaintien automatisé dans la voie.Maintien dans la voie, changement de voie et manœuvre à risque minimal.
DétectionPortée minimale plus courte.Exigences renforcées, avec une portée avant pouvant aller jusqu’à 150 mètres à 130 km/h.

La France autorise-t-elle déjà le niveau 3 à 130 km/h ?

La France encadre déjà les véhicules à délégation de conduite avec le décret n°2021-873. Cela n’autorise pas pour autant le niveau 3 à 130 km/h partout.

Concrètement, trois cadres se superposent :

  • Le règlement ONU, qui fixe un cadre technique international permettant le niveau 3 jusqu’à 130 km/h sous conditions ;
  • Le droit français, qui encadre la délégation de conduite, la responsabilité et les obligations du conducteur ;
  • Les véhicules réellement homologués et commercialisés, qui restent encore peu nombreux et très encadrés;

Le conducteur peut-il vraiment lâcher le volant ?

Oui, mais seulement dans le domaine d’emploi du système. Le conducteur doit rester disponible : dormir ou quitter son siège reste exclu.

Responsabilité en cas d’infraction : conducteur ou constructeur ?

Le régime spécial des articles L.123-1 et suivants s’applique lorsque le système contrôle le véhicule dans ses conditions d’utilisation.

Pour une contravention causée par le système, le constructeur peut devoir payer l’amende. Certains délits peuvent aussi engager sa responsabilité pénale si une faute est établie.

Le conducteur redevient notamment responsable dans les cas suivants :

  • s’il reprend effectivement le contrôle dynamique du véhicule à la suite d’une reprise en main ;
  • s’il ne reprend pas la main à l’issue de la période de transition après une demande du système ;
  • s’il ne respecte pas les sommations, injonctions ou indications des forces de l’ordre, par exemple une sommation de s’arrêter ;
  • s’il ne respecte pas les règles relatives aux véhicules d’intérêt général, notamment l’obligation de faciliter ou de céder le passage à un véhicule prioritaire ;
  • si le système n’était pas utilisé conformément à ses conditions d’utilisation : dans ce cas, le régime spécial d’exonération du conducteur ne s’applique pas.
SituationConséquence juridiqueRéférence principale
Le système automatisé conduit dans ses conditions d’utilisationLe conducteur n’est pas soumis à la règle générale de responsabilité pour les infractions résultant d’une manœuvre du véhicule.Article L.123-1 du code de la route
Contravention résultant d’une manœuvre du systèmeLe constructeur ou son mandataire est redevable pécuniairement de l’amende, sauf exceptions prévues par le code.Article L.123-2 du code de la route
Délit non intentionnel, homicide routier ou blessures routièresLe constructeur ou son mandataire peut être pénalement responsable si une faute est établie.Article L.123-2 du code de la route
Absence de reprise en main après demande du systèmeLe conducteur redevient soumis au droit commun de la responsabilité.Article L.123-1 du code de la route
Usage hors conditions d’utilisationLe régime spécial d’exonération ne s’applique pas.Articles L.123-1, L.319-1 et L.319-3 du code de la route

Assurance auto : ce que cela change

L’assurance auto reste obligatoire, même avec un véhicule de niveau 3.

Côté contrat, quelques vérifications s’imposent :

  • déclarer correctement l’équipement du véhicule ;
  • conserver les preuves de mises à jour logicielles ;
  • respecter les conditions d’utilisation du système ;
  • former les conducteurs en cas d’usage professionnel ;
  • vérifier les exclusions et limites du contrat d’assurance.

Quels véhicules proposent déjà du niveau 3 ?

BMW et Mercedes-Benz illustrent un marché encore progressif, avec des systèmes annoncés à 60 ou 95 km/h selon les usages. Le plafond de 130 km/h n’est pas généralisé.

Ce que les conducteurs devront vérifier avant d’utiliser le niveau 3

  • Le niveau exact du système : niveau 2 ou vrai niveau 3 homologué.
  • Le domaine d’emploi : autoroute, météo, marquage, vitesse maximale, pays autorisé.
  • Les alertes de reprise en main : signal sonore, visuel, vibration, délai de transition.
  • Les mises à jour logicielles : version du système, correctifs, maintenance.
  • La couverture d’assurance : déclaration du véhicule et garanties applicables.
  • Les données disponibles : historique d’activation et événements enregistrés.

FAQ sur la voiture autonome niveau 3 à 130 km/h

Le niveau 3 permet-il de dormir au volant ?

Non : il doit rester disponible pour reprendre la main.

Peut-on utiliser un système niveau 3 à 130 km/h partout en France ?

Non. L’homologation et le domaine d’emploi limitent la route, la vitesse, la météo et le pays autorisés.

Quelle est la différence entre niveau 2 mains libres et niveau 3 ?

Le niveau 2 exige une surveillance permanente ; le niveau 3 surveille l’environnement, avec reprise en main sur demande.

Qui est responsable si le véhicule autonome commet une infraction ?

Si le système conduisait dans ses conditions d’emploi, la responsabilité peut se déplacer. Elle revient au conducteur s’il ignore une demande de reprise.

L’assurance auto reste-t-elle obligatoire avec une voiture autonome ?

Oui, l’assurance responsabilité civile reste obligatoire.

Les robotaxis vont-ils arriver rapidement en France ?

Pas à grande échelle : la France avance surtout par navettes, transports publics automatisés et expérimentations locales.

Sources

  1. UNECE, règlement ONU n°157 et extension de l’ALKS jusqu’à 130 km/h : communiqué officiel UNECE.
  2. UNECE, texte consolidé du règlement n°157 : UN Regulation No. 157.
  3. Légifrance, décret n°2021-873 du 29 juin 2021 relatif aux véhicules à délégation de conduite : texte officiel.
  4. Légifrance, dispositions du code de la route sur la responsabilité en cas de délégation de conduite : article L.123-1 du code de la route.
  5. Ministère de la Transition écologique, transport routier automatisé et connecté : page officielle.
  6. Ministère de la Transition écologique, stratégie nationale 2025-2027 sur les mobilités routières automatisées : document PDF.
  7. EUR-Lex, règlement d’exécution UE 2022/1426 relatif aux véhicules automatisés : texte européen.
  8. SAE / NHTSA, classification des niveaux d’automatisation : NHTSA Automated Vehicles Safety.
  9. BMW Group, communication sur le système Personal Pilot L3 : communiqué BMW.
  10. Mercedes-Benz, communication sur Drive Pilot jusqu’à 95 km/h : page Mercedes-Benz.
  11. Renault Group, véhicules autonomes pour le transport public : communiqué Renault Group.
  12. France Assureurs, assurance automobile et responsabilité civile : fiche assurance automobile.

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