Détecteur de radar : amende, points et risques en 2026
Détenir, transporter ou utiliser un détecteur de radar est interdit en France. Vous risquez 1500€ d'amende, un retrait de 6 points, jusqu'à 3 ans de suspension du permis et la saisie du matériel.
Depuis le décret n° 2012-3 du 3 janvier 2012, l'interdiction vise aussi les avertisseurs de radar qui localisent précisément les contrôles. Les applications d'aide à la conduite restent, elles, autorisées lorsqu'elles se limitent à signaler des zones de danger.
Depuis le décret n° 2021-468 du 19 avril 2021, applicable depuis le 1er novembre 2021, ces services peuvent en plus être tenus de masquer temporairement certains signalements de contrôles routiers avec interception.
Qu'est-ce qu'un détecteur de radar ?
Un détecteur de radar est un boîtier ou un dispositif électronique conçu pour repérer les ondes ou le fonctionnement d'un radar fixe ou mobile afin d'aider le conducteur à échapper au contrôle. C'est précisément le type d'appareil visé par l'article R413-15 du Code de la route.
En pratique, il faut distinguer ce détecteur des autres systèmes souvent confondus avec lui, car tous ne sont pas traités de la même façon par le droit français.
Les différents types de dispositifs anti-radar
Le détecteur de radar
Le détecteur capte ou identifie la présence d'un appareil de contrôle. Sa détention, son transport et son usage sont interdits. C'est le cas le plus clairement sanctionné par l'article R413-15.
L'avertisseur de radar
L'avertisseur s'appuie sur une base de données ou sur des signalements pour annoncer l'emplacement précis d'un radar ou d'un contrôle. Il est lui aussi interdit en France, car le décret du 3 janvier 2012 a étendu l'interdiction aux dispositifs informant de la localisation des contrôles.
Le brouilleur ou anti-radar
Le brouilleur perturbe le fonctionnement du contrôle pour empêcher ou fausser la constatation de l'infraction. Pour l'utilisateur, les sanctions sont celles de l'article R413-15, identiques à celles d'un détecteur. La fabrication et la vente d'un brouilleur relèvent en outre de l'article L413-2 et constituent un délit.
L'assistant d'aide à la conduite
Un assistant d'aide à la conduite n'indique pas le point exact du radar : il signale une zone de danger. C'est la logique retenue aujourd'hui pour des services comme Waze, Coyote ou TomTom. Les articles L130-11 et R130-12 ajoutent, eux, des cas de masquage temporaire de certains contrôles avec interception.
Ces alertes prennent la forme de zones allongées et non d'un point précis. En pratique, les distances communément appliquées sont de 500 m en agglomération, 2 km sur routes départementales et nationales et 4 km sur autoroute (données Coyote). Ces distances ne sont pas définies réglementairement et peuvent varier d'un service à l'autre.
Sanctions pour l'utilisation d'un détecteur de radar
| Utilisation d'un détecteur ou avertisseur de radar | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Contravention de 5ème classe |
Montant de l'amende | Retrait de 6 Points |
|||
| Maxima | Récidive | ||||
| 1500€ | 3000€ | ||||
| Utilisation d'un détecteur ou avertisseur de radar | |||
|---|---|---|---|
| Contravention de 5ème classe | |||
| Montant de l'amende | |||
| Maxima | Récidive | ||
| 1500€ | 3000€ | ||
| Retrait de 6 Points | |||
Pour un conducteur, l'infraction est punie comme une contravention de 5ème classe. L'article R413-15 prévoit notamment :
- Une amende maximale de 1500€, portée à 3000€ en cas de récidive de contravention de 5ème classe
- Un retrait automatique de 6 points sur le permis
- Une suspension du permis pouvant aller jusqu'à 3 ans
- La saisie du matériel et, selon les cas, la confiscation du véhicule
- Un stage de sensibilisation à la sécurité routière pouvant être prononcé par le juge comme peine complémentaire
Le stage judiciaire relève des règles générales prévues par le Code pénal. Après une perte de 6 points, un stage volontaire de récupération de points peut aussi, dans certains cas, permettre de récupérer 4 points.
Sanctions pour le vendeur ou le commerçant
La fabrication, l'importation, l'exportation, l'exposition, l'offre, la mise en vente, la vente, la location ou l'incitation à acheter ou à utiliser ce type d'appareil relèvent de l'article L413-2 du Code de la route. Cette infraction est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000€ d'amende, avec saisie du matériel et, le cas échéant, du véhicule.
Comment la police détecte les détecteurs de radar
En pratique, la constatation se fait souvent lors d'un contrôle routier : boîtier visible sur le pare-brise ou le tableau de bord, câblage suspect, équipement dissimulé mais installé dans le véhicule, ou interface logicielle montrant un usage interdit. Dès lors que l'appareil entre dans le champ de l'article R413-15, il peut être saisi.
Il ne faut donc pas croire qu'un appareil caché ou présenté comme "indétectable" serait légal. Ce qui compte n'est pas l'argument commercial, mais la nature réelle du dispositif et son usage.
Les assistants d'aide à la conduite : ce qui est autorisé
Les assistants légaux signalent des zones de danger et non la localisation précise d'un radar. Ils restent autorisés à cette condition. Les services les plus connus sont Waze, Coyote et TomTom lorsqu'ils fonctionnent dans ce cadre.
Depuis le 1er novembre 2021, l'autorité administrative peut toutefois interdire temporairement (jusqu'à 2 heures pour les contrôles d'alcoolémie ou de stupéfiants, 12 heures pour d'autres motifs) la rediffusion de certains contrôles avec interception (c'est-à-dire comportant un arrêt des véhicules) via ces services, en application des articles L130-11 et R130-12. Ce mécanisme vise notamment les contrôles alcool, stupéfiants ou certaines opérations judiciaires, et non le simple affichage de tous les radars automatiques.
Pour situer l'enjeu, l'ONISR recensait au 1er janvier 2024 3573 radars fixes ou déplaçables dans le dispositif de contrôle automatisé.
Ce que dit la loi
L'article R413-15 interdit aujourd'hui la détention, le transport et l'usage d'un appareil destiné à détecter, perturber ou contourner les contrôles routiers. Le texte prévoit aussi la saisie du dispositif, la saisie possible du véhicule, les peines complémentaires de suspension et la réduction de 6 points.
Le décret du 3 janvier 2012 a marqué un tournant en intégrant explicitement les dispositifs qui avertissent de la localisation des contrôles. Puis la loi du 24 décembre 2019 et le décret du 19 avril 2021 ont encadré la rediffusion des signalements via les services d'aide à la navigation.
Avant cet encadrement récent, la Cour de cassation, dans un arrêt du 6 septembre 2016, avait jugé qu'un simple groupe Facebook signalant des contrôles ne relevait pas automatiquement du texte pénal alors applicable. Cette décision explique en partie pourquoi le législateur a ensuite précisé les règles applicables aux services géolocalisés.
FAQ sur les détecteurs de radar
Non. La détention, le transport et l'usage d'un détecteur de radar sont interdits en France par l'article R413-15 du Code de la route. Depuis 2012, les avertisseurs localisant précisément les contrôles sont eux aussi interdits.
Le conducteur risque une amende pouvant aller jusqu'à 1500€, avec un maximum porté à 3000€ en cas de récidive, ainsi qu'un retrait automatique de 6 points, une suspension du permis et la saisie de l'appareil.
La découverte se fait souvent lors d'un contrôle routier, par la présence d'un boîtier, d'un câblage ou d'un paramétrage révélant un dispositif interdit. Le matériel peut ensuite être saisi pour caractériser l'infraction.
Le détecteur repère techniquement le contrôle, alors que l'avertisseur annonce son emplacement grâce à une base de données ou à des signalements. Les deux sont interdits lorsqu'ils localisent précisément les contrôles.
Oui, lorsqu'ils restent des assistants d'aide à la conduite signalant des zones de danger plutôt qu'un radar précis. Ils doivent aussi respecter les interdictions temporaires de rediffusion prévues par les articles L130-11 et R130-12 du Code de la route.
Oui. En cas d'accident survenu alors qu'un détecteur de radar était en fonctionnement, l'assureur peut invoquer une faute intentionnelle pour réduire ou refuser l'indemnisation. L'infraction au Code de la route peut aussi entraîner l'application d'une exclusion de garantie prévue au contrat.